Jacuzzi et Playstation en panne: inquiétude sur les conditions de détention d’Alexandre Benalla

Par Ferdinand Boisson

« Inimaginable dans un Etat de droit » (L’Express), « Une atteinte gravissime aux droits des justiciables » (Challenges). Les réactions étaient nombreuses dans la presse, ce jeudi matin. En cause : le jacuzzi personnel d’Alexandre Benalla aurait subi une panne d’au moins dix minutes, « plus de bulles, eau tiède, et distributeur de coke hors service, un vrai foutage de gueule », selon l’intéressé. Un évènement qui a suscité l’indignation de Christophe Barbier, mais également de l’ensemble de la rédaction de BFM TV, et ce d’autant plus qu’il s’ajoute à une longue liste de dysfonctionnements.

Ainsi, le concours de déguisement organisé par M. Benalla lors de sa première journée avait été brutalement interrompu par la blessure d’un gardien. « Je voulais me déguiser en policier et faire une reconstitution de la Contrescarpe. Mais au bout de deux minutes, le gardien qui jouait le rôle du manifestant avait déjà perdu conscience, et la direction n’avait prévu personne pour le remplacer ! Vous vous rendez compte (il fond en larmes) ? » Une fois le fonctionnaire fautif limogé, il a fallu tout le talent de François de Rugy, spécialement déguisé en clown et dépêché en urgence dans sa cellule, pour redonner enfin le sourire au petit Alexandre, qui était resté prostré dans sa cellule, en larmes après cette déception.

Pire encore, les conditions de détention d’El Contractor, « l’homme qui signe des contrats avec des Chinois et des Russes plus vite que son ombre (rires) », comme le surnomme affectueusement Benjamin Griveaux, s’étaient déjà dégradées hier après-midi, du fait d’un temps de démarrage excessif de la PlayStation 4 réglementaire dont il bénéficie. Ce n’est qu’après deux minutes trente, une éternité pour ce justiciable en état de détresse psychologique, que la machine a bien voulu démarrer. « Et une fois allumée, c’est l’écran 4K qui a commencé à déconner, enfin il était un peu moins brillant dans le petit coin, en bas à gauche, enfin je crois. Du coup je l’ai pété pour me défouler. » Il a fallu l’intervention personnelle d’Edouard Philippe pour que l’écran du prisonnier politique soit – enfin – remplacé, après une interminable demi-heure d’attente, au cours de laquelle M. Benalla, anxieux et souffrant, n’a eu d’autre choix que de casser les vitres et les meubles de sa cellule pour évacuer son trop-plein d’émotion.

« L’Etat doit montrer à son peuple qu’il sait traiter ses serviteurs équitablement, même lorsqu’ils ont confondu un pistolet à eau avec un Glock, et un passeport diplomatique avec une carte de fidélité au Monoprix », nous a confirmé une source gouvernementale. Espérons que l’administration pénitentiaire saura se montrer, à l’avenir, plus clémente avec un enfant de la Nation qu’elle a déjà suffisamment maltraité. Car la sévérité de la pénitentiaire semble toujours d’actualité : aux dernières nouvelles, le kangourou de compagnie réclamé ce matin par M. Benalla pour retrouver le moral n’avait, à midi, toujours pas été livré.


Par Ferdinand Boisson


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