Alexandre Benalla pressenti pour diriger ADP (Aéroports de Paris)

Par Ferdinand Boisson

Voilà une nouvelle qui devrait ravir tous les amoureux des beaux oiseaux d’acier, des aéroports bradés et de la méritocratie républicaine. L’Elysée a en effet annoncé ce matin le nom du futur patron du groupe ADP (Aéroports de Paris) : Alexandre Benalla. «Compétence, rigueur, sens de l’intérêt général : Alex était taillé pour ce poste. Un choix tellement évident qu’il nous a paru tout naturel de l’accepter quand le Président nous l’a imposé, en criant très fort depuis son lit à barreaux», dixit Bruno Le Maire à notre envoyé spécial.

Les réactions gouvernementales ont été au diapason, très élogieuses pour M. Benalla : «Un diamant brut, je regrette de ne pas être lui, ça me met le seum !» (Agnès Buzyn) ; «C’est simple : devant ce taureau majestueux, ma fibre féministe se fait soudainement très discrète (rires)» (Marlène Schiappa) ; «Si je n’avais pas fait vœu de fidélité au Président, je me serais déjà abandonné à ce voyou, comme une biche humide au printemps !» (Christophe Castaner). Un bel unanimisme qui fait plaisir à voir, alors même que le peuple français s’avère manifestement toujours incapable de comprendre le génie de celui qui tente de le gouverner depuis bientôt deux ans.

En coulisses, la négociation semble pourtant avoir été difficile. Une fois la décision présidentielle acceptée, après une grève de la faim menée pendant cinq jours par le M. Macron, il a en effet fallu persuader Alexandre Benalla de renoncer à certains avantages, pourtant bien légitimes, qu’il réclamait : hélicoptère «Tigre» de fonction, résidence privative «avec une piscine pleine de dauphins, des vrais dauphins comme dans les films que je peux nager avec quand j’ai envie (sic)», sans oublier une terrasse panoramique «avec coke et putes (sic)» installée en haut de la principale tour de contrôle de Roissy. «Finalement, ce grand serviteur de l’Etat a généreusement accepté de faire l’impasse sur son hélicoptère, en échange de quelques animaux d’agrément : deux autruches, un couple de pangolins, et trois conseillers départementaux socialistes braconnés cette semaine. Quoi de plus normal ?» s’interrogeait Edouard Philippe.

Avec un tel gestionnaire, espérons que les peine-à-jouir opposés à la privatisation d’ADP laisseront enfin retomber leurs derniers doutes. «On va le payer un pognon de dingue, ça servira de leçon à tous ces pauvres qui déconnent avec leurs aides sociales», nous a confié Emmanuel Macron entre deux meetings disruptifs, vêtu d’un costume en cuir très moulant, un pendentif en or bien visible sur son torse glabre. «Et si ça fait chialer les haters de me voir salarier les copains avec leur oseille, attendez un peu de voir leur gueule quand je mettrai Brigitte au Conseil constitutionnel (rires) !»

Par Ferdinand Boisson


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